LES ORIGINES DE BACCARAT

LA NAISSANCE D’UNE LÉGENDE :

C’est sur autorisation royale que commence la fabuleuse histoire de Baccarat. Le 16 octobre 1764, le roi Louis XV accorde à l’évêque de Metz, Monseigneur Louis-Joseph de Montmorency-Laval, l’autorisation d’établir une verrerie sur ses terres, dans le petit village de Baccarat en Lorraine : la manufacture Baccarat est née.

L’installation d’une verrerie semble au prélat le meilleur moyen d’utiliser le produit de ses forêts. Il motive sa requête au roi en ces termes « La France manque de verreries d’art et c’est pour cela que les produits de Bohême y entrent en si grande quantité, d’où il suit une exportation étonnante de deniers à un moment où le royaume en aurait cependant si grand besoin pour se relever de la funeste Guerre de 100 ans. »

La Lorraine est traditionnellement une région verrière de par la nature de son sol, riche en silice, matière première nécessaire à la fabrication du verre. Ses grandes forêts fournissaient, sous les ducs de Lorraine, le bois servant de combustible aux fours.

Dès le XVIIe siècle, de nombreux établissements furent fondés, dont certains accédèrent à la notoriété et contribuèrent à la renommée de la verrerie lorraine.

L’évêque de Metz porte son choix sur Baccarat, petit village de Meurthe-et-Moselle situé au flanc des Vosges, entouré de forêts, pourvoyeuses de bois en grande quantité pour alimenter les fours, et traversé par la Meurthe, qui offre la possibilité d’un transport efficace du bois coupé par flottage.

BACCARAT, UN NOM, UN LIEU, UNE HISTOIRE …

Le 16 octobre 1764, les premiers fours sont allumés. La construction de la manufacture originelle obéit au plan traditionnel des verriers du XVIIIe siècle, à l’image des grandes manufactures royales comme celle de Sèvres. Elle est organisée autour d’une grande cour, les halles à chaud et à froid faisant face au « château », demeure historique des directeurs.  De part et d’autre s’étendent les fameuses maisons des verriers. Elles peuvent abriter jusqu’à soixante-dix familles dont la proximité avec les ateliers est essentielle. Les horaires incertains du point de fusion auquel le verre peut être travaillé exigent que les verriers soient en mesure de se rendre sur leur lieu de travail dès l’appel de la cloche, quelle que soit l’heure, de jour comme de nuit. En 1755, l’ensemble est complété par la chapelle Saint-Anne, bâtie à la demande d’Antoine Renaut.

Le plan actuel respecte toujours la disposition du site historique. La production d’origine de la manufacture se conforme à la promesse faite par l’évêque de Metz dans sa requête auprès du roi en 1764 : on y fabrique « toutes sortes d’ouvrages de verre », principalement de la gobeleterie. À cette époque, cette production comprend tout ce qui compose le service de table, ainsi que des articles de parfumerie, de pharmacie et de laboratoire.

Jusqu’en 1773, Monseigneur de Montmorency-Laval s’entoure de deux associés : Antoine Renaut, conseiller du roi, chargé de la direction du site de production, et le financier Léopold, seigneur de Corny. Au décès de ce dernier en 1773, Antoine Renaut devient l’unique propriétaire de l’entreprise, qui porte désormais le nom de « Verrerie Saint-Anne ».

La manufacture Baccarat devient rapidement un établissement de premier ordre avec des maîtres-verriers qualifiés, ce qui explique le choix d’Aimé-Gabriel d’Artigues, propriétaire de la cristallerie de Vonêche en Belgique, de racheter l’entreprise en 1816.

Le traité de Vienne de 1815 va sceller la destinée de Baccarat. En effet, suite à ce traité, la cristallerie de Vonêche est déclarée être en Belgique et non plus en France.

Aimé-Gabriel d’Artigues cherche alors à obtenir une exonération des droits de douane pour ses pièces produites à Vonêche à destination du territoire français. Le roi Louis XVIII lui accorde l’autorisation d’exporter en France du cristal brut à la seule condition qu’il s’engage à faire construire en France une cristallerie. C’est ainsi que voient le jour les Établissements de Vonêche à Baccarat, dont le premier fou à cristal est allumé dès le 15 novembre 1816. Un deuxième four est construit l’année suivante et, en 1818, Aimé-Gabriel d’Artigues annonce la mise en marche d’un troisième.

Le contexte socio-économique de la France est favorable au développement de Baccarat; sur les décombres de la révolution et de l’Empire naît une nouvelle société composée d’une bourgeoisie entreprenante qui invente un art de vivre où la convivialité est célébrée : chaque bonne maison met un point d’honneur à dresser de belles tables pour ses convives. Ces tables présentent à leurs hôtes de luxueux services de verres Baccarat : verres à eau, verres à vin rouge, verres à vin blanc, flûtes à champagne. Fêtes, représentation et gastronomie trouvent dans le cristal un décor approprié; les pendeloques des lustres et l’éclat des verres en cristal taillé jouent avec les reflets des lueurs des bougies. Les cristalleries de Vonêche à Baccarat séduisent une grande partie de la clientèle française.

Parmi les premiers chefs-d’oeuvre produits par les maîtres-verriers sur le site de Baccarat figure du cristal taillé pour du mobilier de toilette, fourni à Madame Desarnaud-Charpentier, propriétaire de la célèbre boutique « à l’escalier de cristal ».

Dès 1817, celle-ci livre des garnitures de cheminée et des pendules en cristal à Louis XVIII et aux duchesses d’Angoulême et de Berry. Un an plus tard, elle reçoit le brevet de « fournisseur du garde-Meuble de la Couronne » et de « fournisseur de cristaux du Roi ».

En 1819, la prestigieuse boutique, établie au Palais-Royal, présente à la cinquième Exposition nationale des produits de l’industrie française le fameux mobilier de toilette entièrement construit en cristal taillé et bronze doré. Elle se voit décerner une médaille d’or pour ces somptueuses pièces décoratives et tout particulièrement pour ce mobilier dont le cristal provient des Établissements de Vonêche à Baccarat, tels la table et le fauteuil de toilette acquis par la duchesse de Berry pour son château de Rosny.

Source (Baccarat, La légende du cristal, petit Palais)

Toilette-Duchesse-Berry.jpg

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